Le Cri du Bayou
La maison de sa tante est noire. A la lueur des réverbères, la rue semble fantomatique. [...]
Elle entre dans la maison après avoir laissé la voiture près du trottoir, éclaire le vestibule et referme la porte à clef. Elle allume également les lumières de la salle de séjour et de la cuisine et soudain, elle entend quelque chose bouger derrière elle et se retourne.
Un intrus émerge du placard près de l’entrée. Il porte un masque , est de taille moyenne, se tient courbé et porte des gants de cuir. Il a ce genre d’habits passe-partout qui vont à n’importe quelle silhouette. Il s’arrête à quelques mètres d’elle et lui adresse un signe de tête. Elle ne sait pas trop comment réagir devant cette apparition diabolique qui la terrorise. [...]
- Salut, Livie. Je t'ai raté de peu à l'hôpital...
Il avance. Maintenant elle sait, sans aucun doute, ce qu’il veut. Mais pourquoi ce genre d’homme ferait-il ça ? Violer sans vergogne ? La tuer alors qu'elle n'a pas vu son visage.
Il avance encore d’un pas. Elle recule.
Cela n’a pas de sens. Il a déjà tué son amie. Maintenant, il la voudrait, alors qu’elle n’a pas pu l’identifier. Pourquoi voudrait-il la tuer ? Il porte des gants. Il n'en laissera aucune empreinte et personne ne pensera qu’il est assez fou pour revenir achever sa tâche, au nez et à la barbe des flics qui montent la garde dehors. Jamais la police ne penserait que ce type reviendrait pour elle.
Il continue à avancer. Lentement. Impitoyablement. Il a le pas léger, il glisse sur le sol. Le tueur ricane lorsqu’il lit dans les yeux de la fille qu’elle a compris où tout cela va les mener.
Elle recule jusqu’à la grande baie vitrée du salon mais réalise que les flics montent la garde devant la maison et non derrière.
Il plie ses mains et le cuir des gants crisse. Les jointures tendent les coutures.
Elle recule alors vers la cuisine. Elle peut essayer de courir chercher un couteau.
Puis la peur qui lui ramollit les jambes fait place alors à la fureur.
Elle se met alors à courir vers la cuisine et entend ses pas qui la suivent.
Il est juste derrière elle, tout près d'elle. Il la rattrape avant d'atteindre la cuisine... [...]
La Morsure de l'Ombre
Claire posa ses mains sur la petite vitre de la porte et regarda à nouveau Amy Boudreaux.
Qui était-elle réellement ? Etait-elle une petite menteuse qui cherchait un peu de réconfort auprès du personnel du centre ou bien s'agissait-il vraiment d'une petite fille témoin de la mort atroce de son père dans des circonstances dramatiques ?
Kenneth continuait de parler mais Claire ne l'entendait plus. Son cœur connaissait déjà la réponse. Et au moment où la jeune femme allait tourner les talons pour suivre Blake vers son bureau, Amy Boudreaux se tourna vers la porte et ses longs cheveux roux glissèrent sur ses épaules nues.
Leurs regards se rencontrèrent, s'accrochèrent. Claire sursauta. Car elle avait lu dans les yeux de la petite un mal absolu. Un mal qui s'était enraciné comme un virus mortel.
Un monstre.
Cette petite était le reflet de ses propres peurs, de ses démons enfouis.
Contre toute attente, Amy sourit.
Ce sourire était comme une brûlure et Claire retira sa main de la vitre en étouffant un cri.
Dark Baby
Tout autour de la maison, de multiples bruits sinistres se firent entendre ; ce n’étaient que des grognements sourds, des hurlements lugubres et des craquements de bois. Il n'y avait ni courant électrique, ni téléphone, ni eau. Le petit groupe s’éclairait avec des lampes de poche ou des lanternes.
Un regard par les persiennes permit à Jerry de se rendre compte de la situation à l'extérieur. [...]
Une vision de cauchemar les frappa de plein fouet : les clous qui fixaient le toit du garage s'arrachèrent un à un, laissant échapper les feuilles de tôle. On aurait dit une armée à l'assaut de la maison, tentant de forcer l'entrée. A son tour Swindle appela à l'autre bout de la maison. L'eau entrait dans la maison par la fenêtre ! [...] Le garage venait de s'envoler. Puis, brusquement, le vent tomba d'un coup. C'était l’œil du cyclone !
Ils sortirent pour essayer de reconnaître le quartier. La plupart des arbres avaient perdu leurs feuilles, ou carrément leurs branches. Des feuilles de tôle et des câbles jonchaient le sol, ainsi que les objets les plus insolites : un portail que Mark crut reconnaître, un lampadaire, des outils de jardinage. Ils rentrèrent rapidement pour attendre la suite. Elle ne tarda pas, et, aussi subitement qu'il était tombé, le vent recommença à souffler encore plus violemment qu'auparavant. A ce moment, impuissants devant le déchaînement des éléments, ils se blottirent les uns contre les autres dans le couloir.
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